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J’ai mis en place une routine zéro waste pendant toute une saison, voilà ce que ça a donné

mai 03, 2026
Routine zéro waste au quotidien : cuisine éco-responsable avec produits frais et zéro déchet sur plusieurs mois

L’air frais de ce matin d’automne m’a surprise quand j’ai attrapé mon savon solide posé sur le rebord de la douche. Trois mois durant, j’ai abandonné mes flacons en plastique habituels pour une routine zéro waste stricte, dans mon appartement baigné de lumière à Nice. Je voulais voir si, dans ma vie quotidienne entre rédaction, sport et sorties, ce mode de soin pouvait vraiment tenir la route. Avec ma peau mixte et parfois sensible, j’étais curieuse de mesurer l’impact sur mon épiderme et mes cheveux. Le but était aussi de calculer la quantité de déchets plastiques que je pouvais éviter, en remplaçant mes produits classiques par des options sans emballage ou avec contenants réutilisables. Ce test sincère, sans concession, a duré une saison entière, soit environ trois mois complets.

Comment j’ai organisé ma routine zéro waste pendant trois mois

J’ai structuré ma routine beauté en respectant mes habitudes, mais en remplaçant systématiquement chaque produit par une alternative zéro déchet. Le matin et le soir, j’appliquais les mêmes gestes : nettoyage, hydratation, soin ciblé. Pour le démaquillage et le nettoyage, j’utilisais un savon solide sans emballage. Deux fois par semaine, je me lavais les cheveux avec un shampoing solide. Le déodorant était un pot réutilisable que je rechargeais avec une pâte naturelle. Pour le visage, j’ai opté pour un sérum hydratant léger et une crème maison au beurre de karité, appliqués avec des cotons lavables en tissu bio. J’ai pris soin de bien ranger chaque produit dans des contenants en verre ou en métal, adaptés à l’espace restreint de ma salle de bain. Ça m’a demandé d’organiser un petit rangement vertical pour que tout reste accessible, notamment lors de mes déplacements fréquents à l’extérieur. J’avais aussi à gérer la sécheresse du savon, que je laissais sur un porte-savon drainant en bambou pour éviter la gélification.

Les produits choisis étaient tous sans emballage plastique, avec une composition la plus naturelle possible. Le savon solide contenait principalement de l’huile d’olive et de coco, sans parfum ajouté, ce qui est mieux pour ma peau mixte. Le shampoing solide, lui, était formulé à partir d’ingrédients doux comme le beurre de karité et des tensioactifs naturels. Le déodorant en pot contenait du bicarbonate de soude, de l’huile de coco et de la cire d’abeille, le tout dans un contenant en aluminium réutilisable. J’ai aussi utilisé des cotons lavables en coton bio tissé dense, pour éviter qu’ils ne s’effilochent trop vite. Pour la crème maison, j’ai mélangé du beurre de karité, de l’huile d’amande douce, et quelques gouttes d’huile centrale de lavande, conservée dans un petit pot en verre ambré. Je voulais limiter les conservateurs, ce qui a joué sur la durée de vie du produit.

J’ai mesuré la quantité de déchets plastiques évités en notant chaque emballage remplacé. En moyenne, je jetais environ 150 grammes de plastique par mois avant, entre flacons, tubes et emballages secondaires. Après trois mois, cette quantité avait presque disparu, à l’exception de quelques emballages en carton non recyclables. J’ai aussi noté l’état de ma peau et de mes cheveux chaque semaine. Au début, ma peau tirait un peu, surtout sur les joues, et mes cheveux semblaient plus secs. Mais au fil des semaines, j’ai observé un regain de douceur et une sensation de fraîcheur. Lors de l’application, j’ai ressenti une texture plus brute, moins lisse que mes anciens produits, ce qui m’a surprise. Le contact avec les cotons lavables était plus doux, mais demandait un nettoyage plus rigoureux après chaque usage. Ce protocole m’a demandé une discipline nouvelle, surtout pour le stockage et le nettoyage des accessoires réutilisables.

Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas comme prévu

Au bout de deux semaines, j’ai senti ma peau devenir très sèche, presque inconfortable. Le matin au réveil, elle tirait nettement sur les joues et le front, zones habituellement mixtes. J’ai essayé de mesurer cette sécheresse avec un test maison d’hydratation en observant la souplesse et l’élasticité de la peau. Le pH du savon solide était un facteur que j’avais sous-estimé : il était trop alcalin, ce qui a rompu l’équilibre fragile du film hydrolipidique. Ce film, qui protège la peau, s’est retrouvé fragilisé, provoquant ce dessèchement. J’ai compris que l’utilisation d’un savon au pH non adapté pouvait causer un bobo cutané, surtout sur une peau mixte comme la mienne qui demande une hydratation ciblée.

J’ai remarqué que mon pot de crème maison avait développé une odeur aigre et une texture granuleuse, signe clair d’une contamination microbienne que je n’avais pas anticipée. Je conservais ce pot à température ambiante, dans un endroit humide de la salle de bain, ce qui a favorisé la prolifération bactérienne. L’odeur désagréable et le changement de texture m’ont alertée immédiatement. Ce phénomène est classique avec les produits maison sans conservateurs, surtout en pot ouvert. J’ai dû jeter la crème après seulement trois semaines d’utilisation, ce qui est bien moins que ce que j’espérais. Cette contamination a également provoqué quelques rougeurs localisées sur mon visage, un vrai coup dur dans cette routine zéro waste.

Pour corriger ces problèmes, j’ai ajouté un sérum hydratant à base d’acide hyaluronique à ma routine, ce qui a rapidement amélioré la souplesse de ma peau. J’ai aussi modifié le stockage de ma crème maison, la plaçant désormais dans un pot en verre hermétique, à l’abri de l’humidité et de la lumière. J’ai veillé à me laver les mains avant chaque application pour limiter la contamination. Ces ajustements ont stabilisé la situation, mais ils ont complexifié ma routine qui était devenue plus exigeante en termes de temps et d’attention. Ces erreurs m’ont appris à mieux maîtriser les contraintes spécifiques aux produits zéro waste, notamment la sensibilité à la conservation et au pH des savons solides.

Trois mois plus tard, ce que j’ai vraiment constaté sur ma peau, mes cheveux et mes déchets

En trois mois, j’ai estimé avoir évité près de 450 grammes de déchets plastiques, ce qui représente un changement concret dans mon quotidien. Avant, mes flacons de gel douche et de shampoing, ainsi que mes déodorants, produisaient une pile d’emballages que je devais trier chaque semaine. Passer aux savons solides sans emballage et aux déodorants en pots réutilisables a supprimé presque toute cette masse. Par exemple, un pain de savon solide, utilisé pendant environ 7 semaines, remplace facilement trois bouteilles de gel douche en plastique. J’ai aussi évité plusieurs tubes et emballages en plastique grâce à mes cotons lavables qui, bien que s’usant plus vite que prévu, ont diminué drastiquement les déchets jetables.

Pour ma peau, le bilan est mitigé. Après l’ajout du sérum hydratant, j’ai noté une meilleure texture générale, avec moins de zones sèches. Pourtant, certaines irritations sont apparues ponctuellement, notamment autour du nez, probablement liées à la dureté de l’eau et à l’usage des savons solides. J’ai pris la peine de comparer ma peau avant et après, en observant la souplesse et le confort tactile. Avant, elle était plus grasse sur la zone T et sèche sur les joues. Après trois mois, cette disparité s’est un peu atténuée, mais pas complètement. L’hydratation restait inégale, avec des pics de tiraillements certains matins.

Mes cheveux ont aussi changé. J’ai remarqué qu’après six semaines, un voile blanc se formait sur mes mèches, surtout après le rinçage. Ce voile blanc est un résidu calcaire dû à un rinçage insuffisant du shampoing solide avec mon eau dure. Le phénomène de glaçage des plaques capillaires rendait mes cheveux rêches et ternes, avec un toucher moins agréable. J’ai aussi observé un début de fading sur mes pointes colorées, certainement lié à l’absence de stabilisants chimiques dans le baume capillaire maison que j’utilisais en complément. Ce baume avait cristallisé en hiver, avec une texture granuleuse au toucher, rendant l’application compliquée. Ce phénomène est lié à la cristallisation du beurre de karité lorsque la température ambiante descend sous 15°C.

J’ai été surprise par la rapidité d’usure de mes cotons lavables. Ceux en fibres naturelles non renforcées se sont déformés et effilochés après seulement une quinzaine de lavages. J’ai dû en remplacer plusieurs, ce qui a un impact indirect sur la réduction des déchets. Cela reste mieux que les cotons jetables, mais c’est un point à prendre en compte dans la durée. J’ai aussi constaté que le rangement des savons dans un porte-savon drainant ralentissait leur dégradation, mais le temps d’utilisation moyen reste de 6 à 8 semaines selon la taille du pain et la fréquence d’usage.

Au final, est-Ce que cette routine zéro waste vaut le coup pour moi ?

J’ai observé des bénéfices nets sur la réduction des déchets plastiques, avec une baisse d’au moins 450 grammes en trois mois, ce qui est tangible dans un appartement en ville. Ma peau a gagné en fraîcheur et en douceur après quelques ajustements, même si les tiraillements n’ont pas disparu complètement. Mes cheveux ont souffert d’un résidu calcaire qui a modifié leur texture et leur éclat, ce que je n’avais pas anticipé. Cette routine demande un investissement temps plus important, notamment pour le nettoyage des accessoires et la gestion des produits maison. Mon budget mensuel a aussi augmenté de 25% au départ, à cause de l’achat de contenants réutilisables et d’ustensiles spécifiques.

Les limites que j’ai rencontrées sont liées à la sensibilité de ma peau au pH des savons solides, à la contamination microbienne des crèmes maison, et au phénomène de glaçage des cheveux avec l’eau dure locale. Ces contraintes matérielles et techniques m’ont freinée à plusieurs reprises. Le stockage des produits dans un environnement humide doit être maîtrisé, ce qui n’est pas simple dans mon appartement où la salle de bain reste souvent humide. J’ai aussi appris qu’j’ai appris qu’il vaut mieux consacrer plus de temps à la routine, ce qui n’est pas toujours compatible avec mon rythme chargé. Ces points ont été des freins importants dans la continuité de la démarche.

Pour moi, cette routine convient si l’on est prête à accepter ces contraintes et à ajuster régulièrement ses produits et gestes. Elle est adaptée à celles qui veulent réduire drastiquement leurs déchets plastiques et qui ont une peau tolérante ou bien préparée à ce type de soins. Si je devais recommencer, j’envisagerais d’inclure un savon solide au pH mieux adapté, un sérum hydratant dès le début, et d’éviter les crèmes maison sans conservateurs pour limiter les risques. J’étudierais aussi des alternatives pour limiter le résidu calcaire sur les cheveux, comme un rinçage au vinaigre de cidre. Cette routine zéro waste reste un défi, mais j’ai appris qu’elle est possible avec des ajustements précis.

écrit par

Élise Marceau

Élise Marceau publie sur le magazine Beauty Room des contenus consacrés à la beauté au naturel, aux soins du visage et aux routines bien-être. Son approche met l’accent sur la clarté, la compréhension des besoins de la peau et des conseils simples à appliquer au quotidien. Consultez sa page auteur pour découvrir l’ensemble de ses publications.

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